mercredi 6 mars 2019

P’tit Suisse, seul dans la grande NASA auréolée de Musk

Elon Musk, le directeur de la NASA Jim Bridenstine et les quatre nouveaux astronautes de la NASA assignés
aux missions de SpaceX Dragon sur la tour de lancement à la porte d'entrée de Dragon. - Photo : NASA
Florida Today, dimanche 3 mars 2019.
[Cape Canaveral, March 5, 2919 – English below] – Samedi 2 mars 2019. Arès le lancement de SpaceX Dragon Demo-1, j’ai croisé Elon Musk dans les coulisses de la NASA, du Kennedy Space Center (KSC) Press Site. Il est passé tout près de nous dans la salle de presse, derrière le bureau des officiels sans même nous faire un signe de tête. Un petit bonjour nous aurait permis de le trouver sympa. Mais, rien. Il a foncé tête baissée directement dans la salle d’à côté où l’attendait un parterre bourré de journalistes. Enfin, on pouvait voir le big-boss de SpaceX en chair et en os, ce qui est plutôt rare, même à Cap Canaveral. A 4h du matin après un lancement parfaitement réussi (samedi 2 mars 2019 à 2h49 locale, 8h49 suisse) et maîtrisé, Musk avait l’air un peu glauque, probablement à cause de sa nuit blanche ou de l’émotion suscitée par le lancement. Il n’avait donc pas le sourire des grands jours. 
Le centre de presse avec la visite du directeur du KSC : Bob Cabana. - Photo : rke

Hi. Je me suis fait piéger par Julian Leek.
« L'objectif était de piloter un vol spatial et d’en améliorer les technologies d'exploration », a-t-il déclaré. « Cela représente en fait le nom complet de la société, Space Exploration Technologies. » Effectivement, c’est bien le cas, puisque, après le 8 juillet 2011 par le lancement de la dernière navette Atlantis, les astronautes américains ont été expédiés sur orbite grâce à des fusées russes Soyouz. La société spatiale de Musk est donc la première à montrer qu’elle peut reprendre le flambeau. Cela devrait être le cas lors d’un vol habité Dragon-2 prévu dans le courant de ce mois de juillet. Ce serait un sacré coup de publicité pour lui et pourrait alors être encore plus fier. Le 21 juillet 2019 marque le 50e anniversaire d’Apollo 11, l’atterrissage du 1er homme sur la Lune. 
Voilà. Je suis bien seul. 
Après la post-conférence du vol Demo-1 (de démonstration), le patron de SpaceX est reparti la tête baissée – mais la draguée haute – par la petite porte de la NASA, sans nous voir. Puis, comme il a fallu attendre six heures après cet entretien journalistes-SpaceX, afin de récupérer nos équipements photos sur le pas de tir, nous autres reporters avions le choix, soit : de rentrer à l’hôtel se rafraîchir ou de rester sur le du KSC. J’ai préféré rester, seul, devenu ainsi privilégié, avec la tête haute d’un p’tit suisse avec modération.
A gauche, l'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, le directeur du Centre spatial Kennedy, Bob Cabana, et les astronautes de la NASA, Bob Behnken et Doug Hurley, affectés au premier vol d'essai de SpaceX, ainsi que Mike Hopkins et Victor Glover, affectés à la première mission opérationnelle de Crew Dragon. Je suis dans le cercle rouge.
- Photo : NASA
Photo : rke 
 Little Swiss guy in the great NASA haloed Musk
Elon Musk during the Post conference. - Photo : rke
[Cape Canaveral, March 5, 2919 - English below] - Saturday, March 2, 2019. After the launch of SpaceX Dragon Demo-1, I met Elon Musk in the offices of NASA, at Kennedy Space Center (KSC) Press Site. He passed very close to us in the press room, behind the officials' office without even nodding. A little hello would have made us think he was nice. But, nothing. He rushed headlong in to the next room where a crowd of journalists were waiting for him. Finally, we could see the SpaceX big boss in the flesh, which is quite rare, even at Cape Canaveral. At 4 a.m. after a perfectly successful launch (Saturday 2 March 2019 at 2:49 a.m.) and mastered, Musk looked a little gloomy, probably because of his sleepless night or the emotion aroused by the launch. So he didn't have the smile of the big days. 
Astronauts in line.  - Photo : rke
"The objective was to pilot a space flight and improve exploration technologies," he said. "This is actually the full name of the company, Space Exploration Technologies. " Indeed, this is the case, since, because after July 8, 2011, with the launch of the last shuttle Atlantis, American astronauts were sent into orbit using Russian Soyuz rockets. Musk's space company is therefore the first to show that it can take up the challenge. This should be the case for a Dragon-2 manned flight scheduled for July. It would be a big publicity stunt for him and could then be even more proud. July 21, 2019, marks the 50th anniversary of Apollo 11, the landing of the first man on the Moon. 
After the post-conference of the Demo-1 flight (demonstration flight), the SpaceX boss left with his head down - but his mind haughty - through NASA's small door, without seeing us. Then, as we had to wait six hours after this interview with journalists-SpaceX, in order to get our photo equipment back on the shooting range, we reporters had the choice, either to go back to the hotel to freshen up or to stay on the KSC. I preferred to remain, alone, thus privileged, with the head held high by a moderate Swiss guy.

dimanche 3 mars 2019

NASA/SpaceX Dragon Demo-1 : après la crachée des flammes


La tour après le décollage : en bas, on distingue l'ombre de mon collègue journaliste
handicapé dans une chaise roulante. - Photo : Roland J. Keller
[Cape Canaveral, March 2, 2019. English below] – Que reste-t-il après un décollage ? Une base de lancement noircie ? Des installations endommagées ? Un terrain abîmé ? Rien de tout cela, car les flammes sont dégagées via de longues tranchées hors de portée des infrastructures. Les tuyauteries supportent la chaleur et le crépitement des tuyères est entendu davantage au loin. La base reste propre comme si de rien n’était et c’est l’occasion, après chaque décollage, de s’en rendre compte lorsqu’on doit retourner sur le pas de tir rechercher nos appareils photo. Pour ce vol historique, nous avons donc eu le privilège d’installer nos appareils à quatre endroits, ce qui plutôt rare. À côté du bâtiment opposé au pas de tir, sur un monticule en face de la fusée et un peu plus loin sous un autre angle, puis un peu plus en retrait dans le gazon. La plupart de mes collègues photographes avaient posé un appareil a chaque poste, d’où beaucoup d’équipements. Pour ma part, comme je l’ai expliqué dans une précédente News, je n’ai pu installer qu’un appareil, question de poids, puisque je viens de Suisse. Et pour avoir un autre angle de vue, j’ai donc opté pour l’emplacement sur le gazon. Mal m’en a pris, puisque j’ai partiellement loupé mes photos.
Du pas de tir à 200 m de la fusée.
Ma seule image : loupée ! – Photo : rke
Attention à la limitation de vitesse pour circuler
sur le site. - Photo : rke
Certes, ma boîte de protection a bien tenu le coup et mon appareil n’est, cette fois-ci pas tombé, mais j’ai mal anticipé les réglages. Le capteur de son s’est déclenché un peu tard lorsque la fusée était déjà à une dizaine de mètres de haut. Mon objectif était mal réglé tout comme les ajustements de la focale, de l’ouverture et de la sensibilité. En fait, j’aurais dû mieux évaluer la distance (environ 200 mètres) et l’intensité des flammes au décollage. Du coup, ma seule photo sortie voilée, mais l’on distingue quand même les moteurs et le bras-passager de la tour de la tour de lancement. Évidemment, je ne suis pas fier de moi. Cependant, je sais maintenant pourquoi cela n’a pas fonctionné et je pourrai améliorer mes réglages au prochain lancement (si je peux y être), avec, dans la capsule, des astronautes, cette fois. Et je vais m’équiper d’un 2e appareil pour assurer le coup. Néanmoins, j’ai tout de même mieux géré mes images au téléobjectif. En fouillant dans mes images, j’en ai repéré une évocatrice : celle où l’on voit la tour avec le bras de support écarté et dans le bas mon collègue journaliste américain, handicapé, en chaise roulante, apparemment occupé à remiser son appareil à photo. Et puis, il y a aussi cette mini vidéo du lancement filmé avec mon smartphone où l’on distingue avec des spectateurs en admiration dans un ciel qui tout à coup s’illumine presque comme en plein jour...
Vidéo : cliquez ici

No, it's not the rocket but The Arm that carries it. As big as Falcon. Photo : rke
Post-Launch: after the spitting of flames

From the KSC Press Site. Video by rke : click here

After Remote. Oups ! Heavy this camera.
- Photo : rke
[Cape Canaveral, March 2, 2019, rke] - What's left after takeoff? A blackened launch PAD? Damaged installations? Damaged ground? None of this is the case, as the flames are cleared via long trenches out of reach of the infrastructure. The pipes support the heat and the crackling of the nozzles are heard more in the distance. The base remains clean as if nothing had happened and it is an opportunity, after each takeoff, to realize this when we have to go back to the firing point to look for our cameras. For this historic flight, we had the privilege of installing our equipment in four places, which is quite rare. Next to the building opposite the PAD, on a mound in front of the rocket and a little further from another angle, then a little further back in the grass. Most of my fellow photographers had installed a camera at each station, hence a lot of equipment. For my part, as I explained in a previous news, I could only install one device, a question of weight, since I come from Switzerland. And to have another angle of view, I therefore opted for the location on the grass. Bad took it from me, since I partially missed my pictures.
Tower spirit. - Photo : rke
No more Falcon. Look the PAD with its
its old renovated tower. - Photo : rke
Of course, my protective box held up well and my device didn't fall this time, but I misjudged the settings. The sound sensor went off late when the rocket was already about ten meters high. My lens was incorrectly adjusted as were the focal length, aperture and sensitivity adjustments. In fact, I should have better estimated the distance (about 600 feet) and the intensity of the flames at takeoff. As a result, my only photo came out veiled, but you can still see the engines and the passenger arm from the launch tower. Obviously, I'm not proud of myself. However, I now know why it didn't work and I can improve my settings at the next launch (if I can be there), with astronauts in the capsule this time. And I'm going to get a second device to do the job. Nevertheless, I still managed my images better with telephoto lenses. As I looked through my images, I spotted an evocative one: the one where you see the tower with the support arm spread apart and at the bottom my American journalist colleague, disabled, in a wheelchair, apparently busy storing his camera. And then there is also this mini video of the launch shot with my smartphone where we can see with spectators in admiration in a sky that suddenly lights up almost as if in broad daylight....

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samedi 2 mars 2019

Falcon 9 Dragon Demo-1 : mes premières photos du décollage

Allumage ! - Photos : rke
[Cape Canaveral, March 2, 2019, 4 a.m. / 10 heures suisse] - Voici mes premières photos du décollage prises depuis le site de presse en face du bâtiment d'assemblage des véhicules (VAB). La fusée Falcon 9 / Dragon Demo-1 est partie à l'heure pile, soit ce samedi 2 mars 2019 à 2h49 (locale), 8h49 suisse.
On doit encore attendre 7 heures pour aller récupérer nos appareils sur le pas de tir (l'appareil fixe en face de Falcon). Évidemment, ça a chauffé sur place. Mes images seront-elles réussies ? J'ouvre les paris : un(e) fan du spatial m'offre une pizza si je les ai réussies, sinon c'est moi qui l'offre si elles sont loupées.

Falcon 9 Dragon Demo-1: my first pictures of the takeoff
Cape Canaveral, March 2, 2019, 4 a.m. Here are my first pictures of the takeoff taken from the press site in front of the vehicle assembly building (VAB). The Falcon 9 / Dragon Demo-1 rocket left on time, on Saturday, March 2, 2019 at 2:49 a.m. East.
We still have to wait 7 hours to get our equipment back on the launch pad (the fixed camera in front of Falcon). Of course, it heated up on the PAD. Will my images be successful? I open the betting: a space fan offers me a pizza if I have succeeded, otherwise I offer it if they are missed.
Les moteurs vus de dessous... au téléobjectif. The engines seen from below.... at the telephoto lens.


NASA / SpaceX - Falcon 9 Dragon Demo-1 by night

Cape Canaveral, March 2, 2019, 1am. / 7 heures suisse. Photos : rke























vendredi 1 mars 2019

Caméras à distances : clic-clac ! Dragon, sourit, l’oiseau va sortir…


Branle-bas le combat des quelque 150 photographes, prêts à "shooter" Falcon sur le pas de tir. - Photo : rke
Me voilà avec mon équipement.
- Photo taken by Chuck Field :
chuck@onlinecoffeebreak.com
[Cape Canaveral, February 27, 2019, rke] - Le métier de chasseur de fusées requiert toujours autant de persévérance. Après avoir obtenu les 3 autorisations (Visa, Green Card spéciale, et badge de mission), il faut encore être dans les délais pour s’inscrire à la « Remote Camera », autrement dit, la pose des appareils à photos ou de caméras à distance. Une tradition de longue date à la NASA où les images peuvent être prises très près de la fusée, soit une centaine de mètres seulement. Bien entendu, on ne reste pas sur place. Une fois les appareils posés, retour au bercail c’est-à-dire au centre de presse, en face du célèbre bâtiment d’assemblage des fusées (VAB). 
Se rendre sur un lieu de lancement si peu de temps avant le tir est un privilège de chaque photographe. Les objectifs étant aussi nos yeux, on devient presque des acteurs de l’événement.
Quelle chaleur avant de partir.
- Photo : rke
Et c’est toute une organisation. Pour cette mission habitable, mais non habitée, nous avons pu poser nos appareils à 4 endroits en face de Falcon, mais 12 heures avant le décollage, au lieu des six habituelles lors de lancements de fusées... disons classiques. Cela n’a l’air de rien, mais tenant compte de l’installation de nos appareils, en plein jour, avec un lancement, de nuit, encore faut-il assurer les adéquats réglages optiques de prises de vues. Photographier une fusée de nuit et de près est vraiment compliqué, car, plus l’engin s’élève, plus la lumière devient intense. Et nous ne sommes plus là pour opérer des changements. 
Ma boîte avec les panneaux
démontés... Photo : rke
Contrairement aux idées reçues, une fusée qui décolle crache bien des flammes, certes, mais pas du feu. Nos appareils ne sont donc pas brûlés, sauf si la fusée explose. Ce qu’il se dégage des moteurs (la fumée), n’est qu’une mixture de liquide. En général, de l’eau, pour ce qui est de la combustion de l’hydrogène et de l’oxygène liquide. Nos appareils ne sont donc pas soufflés par ces éjections de « gaz », mais mouillés par cette sorte de pluie. Le problème survient en cas de fort vent (c’est le cas souvent pour les pas de tir 40 et 41 en bord d’océan, mais pas forcément pour la base de lancement historique 39A). Ou encore lors de grosses averses.
... et montée de travers. - Photo : rke
En ce moment, quelques heures avant le décollage, mon souci n’est plus tellement de savoir si mon appareil va tomber (comme fut le cas lors du dernier lancement de Falcon 9 CRS-16, celui avec les souris), mais si la protection en Plexiglas, autour de mon appareil, va tenir. Hier, jeudi 28 février 2019, j’ai fait une grosse gaffe. Au lieu de démonter doucement les panneaux de ma boîte de protection (après un essai), voir ma précédente News, j’ai tiré si fort que le Velcro qui les tenaient, s’est décollé. Du coup, j’ai remonté la protection (voir photo) un peu de travers. J’espère que cela va tenir.
En outre, je me fais aussi du souci pour savoir si j’ai mis au point correctement la capture du bruit du boîtier-senseur de mon Canon. La première fois, j’avais réglé si finement ce capteur, que mon appareil a déclenché des photos aux moindres bruits, vidant quasiment toute la carte mémoire. Un pélican est passé par là, mais pas devant l’objectif. Clic-clac ! Falcon sourit, l’oiseau va sortir.
On the PAD 39A. - Photo : rke
Remote cameras: Click and click! Dragon, smile, the bird will come out....
Photos : rke
[Cape Canaveral, February 27, 2019, rke] - The job of rocket hunter still requires as much perseverance as ever. After obtaining the 3 approvals (Visa, special Green Card, and mission badge), you must still be on time to register for the "Remote Camera", in this case, the installation of remote control cameras. A long-standing tradition at NASA where images can be taken very close to the rocket, only about a hundred metres away. Of course, we are not staying put. Once the units have been installed, we go back to the fold, i. e. to the press centre, in front of the famous Vehicle Assembly Building (VAB). Getting to a launch site so soon before the shooting is a privilege for every photographer. The objectives being also our eyes, we almost become actors of the event.

And it's a whole organization. For this habitable but uninhabited mission, we were able to land our devices at 4 locations in front of Falcon, but 12 hours before takeoff, instead of the usual six during rocket launches... let's say classic. It doesn't seem like much, but taking into account the installation of our cameras, in broad daylight, with a launch, at night, it is still necessary to ensure the adequate optical adjustments of the shots. Photographing a rocket at night and up close is really complicated, because the higher the vehicle rises, the more intense the light becomes. And we are no longer here to make changes. 

Contrary to popular belief, a rocket that takes off spits out flames, certainly, but not fire. So our devices are not burned, unless the rocket explodes. What comes out of the engines (smoke) is only a mixture of liquid. In general, water, in terms of the combustion of hydrogen and liquid oxygen. Our devices are therefore not blown by these "gas" ejections, but wet by this kind of rain. The problem occurs in the event of strong winds (this is often the case for launch pads 40 and 41 along the ocean, but not necessarily for the historic launch pad 39A). Or during heavy showers.

At the moment, a few hours before takeoff, my concern is no longer so much whether my unit will fall (as was the case during the last launch of Falcon 9 CRS-16, the one with the mice), but whether the Plexiglas protection around my unit will hold. Yesterday, Thursday, February 28, 2019, I made a big mistake. Instead of gently removing the panels from my protection box (after a test), see my previous News, I pulled so hard that the Velcro holding them came off. As a result, I raised the protection (see photo) a little sideways. I hope it will hold. In another matter, I am also concerned about whether I have properly tuned the noise capture of my Canon's sensor body. The first time, I had adjusted this sensor so finely that my camera triggered pictures at the slightest noise, emptying almost the entire memory card. A pelican passed through there, but not in front of the lens. Click and click! Falcon smiles, the bird will come out. 

Look the men in links stage. Photo : rke

Le « wagon » Dragon décolle samedi sur les rails de l’ISS

Dragon de SpaceX (en bas) et CST-100 Starliner de Boeing. Deux capsules pour des vols commerciaux.
- Photo d'artiste : NASA
Mon accréditation.
Mon Canon dans une boîte
en Plexiglas réalisée par
Franz Meyer, ancien
professeur en logistique.
[Cape Canaveral, February 28, 2019, rke]­ – L’ère des capsules coniques est revenu. Après avoir exploité 135 navettes spatiales (1981-2011) en forme d’aile delta, la NASA a mandaté deux sociétés privées, SpaceX (fusée Falcon, capsule Dragon v2) et Boeing (fusée Atlas 5, ULA, capsule CST-100) pour acheminer ses astronautes américains vers la station spatiale internationale ISS. Enfin. Enfin, quoi ? Depuis 2011, les astronautes US volent à bord de fusées Soyouz russes au prix de 45 millions de dollars la place ! Par astronaute.  Bon, il paraît que le tarif a bien augmenté ces derniers temps. Cela fait déjà huit ans que cela dure et, croyez-moi, ce n’est pas seulement une histoire de sous, mais de réputation. En tant que petit-suisse, j’estime que c’est un comble pour un si grand pays que les States d’en arriver à ce point. C’est le moment que cela change et c’est pourquoi cette mission Dragon Demo-1 est importante, car c’est la première fois qu’une capsule habitable - mais vide pour ce vol - prend le chemin de l’espace depuis le 8 juillet 2011. Cela dit, ce module n’a rien à voir avec une autre capsule, également conique (Orion made in NASA), destinée, elle, à explorer l’espace lointain.

Choisir le bon rail
Certes, SpaceX a bien lancé d’autres capsules Dragon plus maigrichonnes vers l’ISS, mais elles étaient chargées de matériel et, surtout, elles ont été happées par le bras robotique de l’ISS. Avec Dragon Demo-1, c’est une tout autre technique, car la capsule doit se diriger et s’accrocher seule à la station. C’est comme un wagon de chemin de fer qui, lancé sur des rails, doit être placé sur les bons aiguillages pour rejoindre le train en marche, la locomotive ISS.

Mon Canon sera-t-il bien protégé au pied de la fusée ?
Le lancement est prévu ce samedi 2 mars 2019 à 2h49 locale sur le PAD 39A historique des vols lunaires et des navettes habitables, soit 8h49 heure suisse. Côté météo, 80% de chances que cela décolle ce jour-là. Je prépare en ce moment mon équipement photo à distance à installer sur le pas de tir...

Before the launch... - Photo : rke
Dragon "wagon" takes off Saturday on the ISS tracks
Prelaunch Briefing at KSC Press site. A conference in high effervescence. Photos : rke

The era of conical capsules is back. After operating 135 delta-wing space shuttles (1981-2011), NASA contracted two private companies, SpaceX (Falcon rocket, Dragon v2 capsule) and Boeing (Atlas 5 rocket, ULA, CST-100 capsule) to transport its American astronauts to the ISS. Finally. I mean, what? Since 2011, US astronauts have been flying with Russian Soyuz rockets at a price of $45 million a seat! By astronaut. Well, I hear the rate has gone up a lot lately. It has been going on for eight years now and, believe me, it is not just about money, but about reputation. As a little Swiss, I believe that it is an achievement for a country so big that the States to get to this position. This is the time for this to change and that's why this Dragon Demo-1 mission is important, because it's the first time a manned capsule - but empty for this flight - has been heading into space since July 8, 2011. However, this module has nothing to do with another capsule, also conical (Orion made in NASA), designed to explore deep space.
Although SpaceX did launch other thinner Dragon capsules to the ISS, they were loaded with equipment and, most importantly, they were caught by the ISS robotic arm.
With Dragon Demo-1, it's a completely different way to do it, because the capsule has to move and hang on to the station on its own. It is like a railway car that, when thrown on rails, must be placed on the right switches to join the moving train, the ISS locomotive.
The launch is scheduled for Saturday, March 2, 2019, at 2:49 a.m. local time on the PAD 39A historical lunar flights and manned shuttles, which is 8:49 a.m. Swiss time. As for the weather, there is an 80% chance that it will take off that day. I am currently preparing my remote photo equipment to be installed on the launch pad....