dimanche 21 juillet 2019

Flash-back : de Pleigne (Jura) Ă  la Lune

Kennedy Space Center : un monde fou, fou, fou pour fĂŞter
les 50 ans d'Apollo 11 ce 21 juillet 2019. - Photo : rke
[Cape Canaveral, July 21, 2019, rke. English below] – Flash-back il y a 50 ans dans un petit village de Pleigne (Jura suisse). La ferme de mon grand-père Arthur Brosy, au milieu du village, Ă  l’endroit dit « la Vie de Ferrette », habitation d’ailleurs rachetĂ©e et transformĂ©e par mon frère Claude qui y habite aujourd’hui avec sa famille.
PlantĂ© devant un très petit poste de tĂ©lĂ©vision cathodique en noir-blanc, un jeune ado pas encore geek (mais presque) a les yeux rivĂ©s devant les images en direct d’Apollo 11, en provenance de la Lune. Armstrong  pose son pied, puis Aldrin. Je suis subjuguĂ©, envahi par une grande admiration de ce que l’Homme est capable de rĂ©aliser. Il est 3h56 du matin en Suisse ce 21 juillet 1969, le temps est très nuageux et on ne voit pas la Lune. Mais les deux hommes, quasi fantomatiques, qui dĂ©ambulent, sont bien-lĂ . Tout comme ma grand-mère LĂ©ontine qui s’est rĂ©veillĂ©e tout exprès pour l’occasion. Elle est fan des grands Ă©vĂ©nements, de somptueuses cĂ©rĂ©monies, comme l’Ă©popĂ©e des Kennedy ou les princesses royales. Elle est plus qu’admirative devant ces images captivantes, quasi envoĂ»tantes. Je pense avoir un peu hĂ©ritĂ© d’elle en ce qui concerne les grands moments de l’histoire.
Le direct dure plus d’une heure et demie, le jour se lève. Le pas de gĂ©ant, c’est d’avoir prouvĂ© que l’humanitĂ© peut accomplir de grandes choses si elle le veut, mĂŞme sauver la planète bleue de son agonie Ă©cologique. 

À l'entrée du centre spatial, il est tombé dans le canal.
Attention aux alligators. - Photo : rke
Les fidèles 
Ces derniers jours, j’ai reçu de nombreux messages de mes lecteurs du village de Pleigne qui me suivent fidèlement.
  • Tout d’abord de Pierre-AndrĂ© Grossenbacher, fĂ©ru d’hĂ©licoptères qui ne loupe pas une occasion de me saluer dès que j’arrive aux USA (en gĂ©nĂ©ral, c’est le premier Ă  m’Ă©crire)
  • Puis d’Hubert Ackermann, ancien instituteur, ancien maire (12ans), ancien rĂ©dacteur en chef de L’Écho de l’Arche (actualitĂ©s des villages du Haut-Plateau delĂ©montain), qui vient de me dire que je suis un terrestre-extra
  • Enfin, le message de ma cousine Françoise Brosy qui me signale une petite anecdote : « le jour oĂą on a marchĂ© sur la Lune, c’Ă©tait le baptĂŞme de ma fille GĂ©raldine et tous les invitĂ©s Ă©taient davantage intĂ©ressĂ©s par l’Ă©vĂ©nement que par la cĂ©rĂ©monie ». GĂ©raldine, qui a fĂŞtĂ© ses 50 ans le 11 juillet 2019, a quand mĂŞme de la chance d’ĂŞtre nĂ©e une annĂ©e historique
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Ci-dessous, l’article de Benjamin Fleury du Quotidien Jurassien du 20 juillet 2019, me concernant. Traduit en anglais pour mon lectorat amĂ©ricain

Dans le Jura, des Ă©toiles plein les yeux
  • L’exploit du 21 juillet 1969 a marquĂ© toute une gĂ©nĂ©ration. Les Jurassiens Roland J. Keller et Eric Ankii ont Ă©tĂ© captifs tout particulièrement par la première conquĂŞte lunaire
  • Le premier est actuellement Ă  Cap Canaveral en pèlerinage. Le second avait assistĂ© au lancement de ta fusĂ©e sur place, ce qui fut le dĂ©but d'une aventure folle de 800 000 km
Le Quotidien Jurassien du 20 juillet 2019 - www.lqj.ch
Les premiers pas de |’Homme sur la Lune, par le commandant Neil Armstrong et Buzz Aldrin, sont un souvenir qui restera marquĂ© Ă  jamais dans les esprits des personnes en âge de s’en rappeler. A 3h56, heure suisse, les images floues transmises par la NASA aux chaines de tĂ©lĂ©vision laissaient deviner |’Ă©vĂ©nement historique. L’aboutissement d’annĂ©es de prĂ©parations, mais aussi de rivalitĂ© entre les deux grandes puissances de la Guerre froide: les LSA et PURSS.
Dans le Jura, Ă  Peigne, ce fut une nuit blanche pour Roland J. Keller, alors âgĂ© de 13 ans. «Je regardais la tĂ©lĂ©vision avec ma grand-mère et cela a allumĂ© ma passion. Ce phĂ©nomène d’ĂŞtre sur la Lune m’a attirĂ©», confie le journaliste jurassien qui habite aujourd’hui Courrendlin. Cette forte attraction pour la Lune ne I’a plus quittĂ©. Après Apollo 11, les hommes sont retournĂ©s sur le satellite de la Terre Ă  plusieurs reprises jusqu’en 1972 grâce au programme spatial du prĂ©sident Kennedy. Tout au long de ces tentatives pĂ©rilleuses, Roland J. Keller accumule une quantitĂ© de documents et de revues. Jusqu’Ă  devenir un fin connaisseur de Cap Canaveral, de l’espace et des navettes voyageant entre Terre et Lune.

Il a vu les flammes de Challenger
Je me suis levé très, très tôt, ce dimanche 21
juillet 2019 pour ĂŞtre le premier Ă  voir un
Florida Today. Une heure après, tout était vendu !
Les journaux imprimés ont toujours la cote !
- Photo : rke
Devenu reporter dans le domaine spatial, wu est aujourd’hui le seul Suisse a ĂŞtre accrĂ©ditĂ© au complexe de lancement spatial en Floride, ce qui constitue un sacrĂ© tour de force. «J’en suis fier», admet celui qui est dĂ©fini dans le pays de la conquĂŞte spatiale comme «le petit Suisse qui vient voir les grandes fusĂ©es amĂ©ricaines». Un privilĂ©giĂ© qui peut poser son matĂ©riel sur le pas de tir et qui est conviĂ© aux confĂ©rences de presse. Ă€ chaque fois qu’il s’y rend pour voir un lancement, l’adrĂ©naline le prend, car ce sont souvent des mois — voire des annĂ©es de travail — qui se jouent en quelques secondes. Et tout n'est pas toujours rose, comme ce fameux 28 janvier 1986 oĂą la navette Challenger se dĂ©sintĂ©gra avec sept personnes Ă  bord, une minute après le dĂ©collage. Un instant terrible: «Il y avait beaucoup d’invitĂ©s Ă  proximitĂ© et soudain tout s’est arrĂŞtĂ©. Plus personne ne bougeait. Sur le moment, on ne savait pas comment rĂ©agir. On a seulement fait notre travail de journaliste, Ă  savoir rĂ©colter et envoyer les infos.» Un demi-siècle après le fameux «bond de gĂ©ant pour l’humanitĂ©», une fusĂ©e partira du centre spatial demain pour ravitailler la station spatiale internationale. L’occasion pour Roland J. Keller d’assister è son 30° lancement de fusĂ©e, mais aussi, et surtout de faire un pèlerinage sur le pas de tir d’ Apollo 11, lĂ  oĂą tout a dĂ©butĂ©. «J’y vais, car c’est symbolique. Je veux y ĂŞtre», relève le journaliste, pour une fois incapable de retranscrire en mots ce qu'il ressent.
J'Ă©tais aussi en direct sur RFJ avec Jean-Michel Probst
le 19 juillet 2019. - Écoutez le son :
Cliquez ici
RĂ©dacteur en chef d’une revue scientifique destinĂ©e aux ingĂ©nieurs, Roland J. Keller devrait donc vivre demain «son premier petit rĂŞve». Ne pouvant aller lui-mĂŞme sur la Lune, en a-t-il un second sur la planète bleue? «]’aimerais assister Ă  un lancement de fusĂ©e pour la Lune», glisse celui qui soutient le prĂ©sident Trump au moins sur un point. Ce dernier a en effet relancĂ© l’idĂ©e d'une reconquĂŞte lunaire, plusieurs dĂ©cennies après que la NASA a rĂ©ussi son audacieux pari.
Si certains doutent que l’homme n’ait jamais foulĂ© la froide surface lunaire, Roland J. Keller balaye ces thĂ©ories du complot d’un revers de main. «Ă‡a aurait Ă©tĂ© plus difficile de « schinder » que d’y aller. Les chiffres sont lĂ , la fusĂ©e a dĂ©collĂ©.» Cela a reprĂ©sentĂ© un travail de près de dix ans avec 400 OOO personnes impliquĂ©es», souligne-t-il, convaincu que l’homme a pu accomplir ce qui Ă©tait fantasmĂ© depuis des siècles.
Seize ans après Tintin, cette fois, «on a marchĂ© sur la lune».
Benjamin Fleury (Quotidien Jurassien)
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Flash-back: from Pleigne (Switzerland) to the Moon
[Cape Canaveral, July 21, 2019, rke] – Flashback 50 years ago in a small village in Pleigne (Swiss Jura). My grandfather Arthur Brosy's farm, in the middle of the village, in the place called "La Vie de Ferrette,” a house bought and transformed by my brother Claude who now lives there with his family.
Standing in front of a very small black and white cathode television set, a young teenager who is not yet a geek (but almost) is staring at the live images of Apollo 11 from the Moon. Armstrong sets his foot down, then Aldrin. I am overwhelmed, overwhelmed by a great admiration for what Man is capable of achieving. It is 3:56 a.m. in Switzerland on July 21, 1969, the weather is very cloudy and you can't see the Moon. But the two men, almost ghostly, who are walking around. Just like my grandmother LĂ©ontine who woke up especially for the occasion. She is a fan of great events, sumptuous ceremonies, such as the Kennedy epic or royal princesses. She is more than admiring these captivating, almost bewitching images. I think I inherited a little bit from her with regard to the great moments of history.
The live broadcast lasts more than an hour and a half, the day breaks. The great step forward is to have proven that humanity can achieve great things if it wants to, even saving the blue planet from its ecological agony. 

Florida Today, July 21, 1969.
Florida Today. July 21, 2019.
The faithful 
In recent days, I have received many messages from my readers in the village of Pleigne who follow me faithfully.
  • First of all, Pierre-AndrĂ© Grossenbacher, a helicopter enthusiast who never misses an opportunity to greet me as soon as I arrive in the USA (in general, he is the first to write to me)
  • Then Hubert Ackermann, former teacher, former mayor (12 years old), former editor-in-chief of L'Écho de l'Arche (news from the villages of the Haut-Plateau delĂ©montain), who just told me that I am an earthly extra.
  • Finally, the message from my cousin Françoise Brosy who tells me a little anecdote: "The day we walked on the Moon, it was the baptism of my daughter GĂ©raldine and all the guests were more interested in the event than in the ceremony". GĂ©raldine, who celebrated her 50th birthday on July 11, 2019, is still lucky to have been born in a historic year.
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Article written by Benjamin Fleury in the Quotidien Jurassien dated July 20, 2019, concerning me. Translated into English for my American readership 
In the Swiss Jura, stars full of eyes
  • The feat of July 21, 1969, marked a whole generation. The Jurassians Roland J. Keller and Eric Ankli were particularly captive by the first lunar conquest
  • Quotidien Jurassien. July 20, 2019. www.lqj.ch 
  • The first is currently on pilgrimage to Cape Canaveral. The second one had attended the launch of your rocket on the spot, which was the beginning of a crazy 800,000 km adventure
The first steps of Man on the Moon, by Commander Neil Armstrong and Buzz Aldrin, are a memory that will remain forever in the minds of those of us of age to remember. At 3:56 a.m. Swiss time, the fuzzy images transmitted by NASA to the television channels suggested a historical event. The result of years of preparation, but also of rivalry between the two great powers of the Cold War: the LSA and PURSS.
In the Jura, in Pleigne, it was an all-nighter for Roland J. Keller, then 13 years old. "I was watching television with my grandmother and it ignited my passion. This phenomenon of being on the Moon attracted me," says the Jura journalist who now lives in Courrendlin. This strong attraction for the Moon never left him. After Apollo 11, the men returned to the Earth's satellite several times until 1972 thanks to President Kennedy's space program. Throughout these perilous attempts, Roland J. Keller accumulated a quantity of documents and reviews. Until he became a fine connoisseur of Cape Canaveral, space and shuttles traveling between Earth and the Moon.

He Saw the Flames of Challenger
Orlando Sentinel. July 21, 1969.
Orlando Sentinel. July 21, 2019.
As a space reporter, who is now the only Swiss to be accredited to the Florida space launch complex, which is quite a feat. "I am proud of it," admits the man who is defined in the country of the space conquest as "the little Swiss who comes to see the big American rockets.” A privileged one who can put his equipment on the firing point and is invited to press conferences. Every time he goes there to see a launch, the adrenaline takes it, because it's often months - even years of work - that are played out in a few seconds. And not everything is always rosy, like that famous January 28, 1986, when the Challenger shuttle disintegrated with seven people on board, one minute after takeoff. A terrible moment: "There were many guests nearby and suddenly everything stopped. No one was moving anymore. At the time, we didn't know how to react. We only did our job as journalists, which was to collect and send the information." Half a century after the famous "giant leap for humanity", a rocket will leave the space center tomorrow to refuel the international space station. The opportunity for Roland J. Keller to attend his 30th rocket launch, but also, and above all, to make a pilgrimage to the Apollo 11 launch pad, where everything began. "I'm going because it's symbolic. I want to be there," the journalist notes, for once unable to put into words what he feels.
Roland J. Keller, editor-in-chief of a scientific journal for engineers, should therefore live out his "first little dream" tomorrow. Unable to go to the moon himself, does he have a second one on the blue planet? "Would like to see a rocket launch for the moon," says the man who supports President Trump on at least one point. The latter has indeed revived the idea of a lunar reconquest, several decades after NASA succeeded in its audacious bet.
While some doubt that man has never walked on the cold lunar surface, Roland J. Keller sweeps away these conspiracy theories with a flick of the wrist. "It would have been more difficult to make a fake than to go there. The numbers are there, the rocket has taken off." It represented a work of nearly ten years with 400 000 people involved," he emphasizes, convinced that man has been able to accomplish what had been fantasized for centuries.
Sixteen years after Tintin, this time "We walked on the moon.”
Benjamin Fleury

samedi 20 juillet 2019

Apollo (1969-2019) : ambiance et revue de presse

Exposition de corvettes au KSC. - Photo : rke
[Cape Canaveral, July 20, 2019, 21:56 p.m., rke. English below– Apollo 11 et la NASA sont sur toutes les lèvres, sur les T-shirts, dans les journaux, Ă  la tĂ©lĂ©. Pas moyen d’Ă©chapper sur le sujet. Pour une fois pas de football, mais un foot, des « feet », des pas, un bond. Pris d’assaut, les journaux sont quasi vides dans les rares caissettes qui existent dans les supermarchĂ©s. Ă€ l’heure d’internet, preuve qu’il y a encore un intĂ©rĂŞt pour les mĂ©dias papier, chaque badaud souhaitant conserver un exemplaire historique du 50e anniversaire d’Apollo en ce 20 juillet prĂ©cisĂ©ment oĂą Ă  21h56, Neil Armstrong Ă  posĂ© le pied sur la Lune. « Mais oui, encore cette NASA » me lâche un passant en me voyant accaparĂ© Ă  acheter le seul journal Florida Today. Comme lui n’a pas l’air de vouloir se l’approprier, je n’hĂ©site pas Ă  vite l’acheter, histoire de raconter mon histoire. La vendeuse tout sourire et un peu fière ne peut s’empĂŞcher de me donner ses impressions sur l’aventure lunaire naissante, le projet d’ArtĂ©mis de la NASA. « Pour moi cleptomanie bien qu’on reconquière la Lune et mĂŞme plus loin, mais il faudrait quand mĂŞme aussi un peu plus d’occuper de nous. », confie-t-elle.

T-shirts NASA
Vu dans un super marchĂ©. Photo : rke
Au pays des fusĂ©es, rien ne m’Ă©chappe, surtout pas les innombrables T-shirts avec le logo NASA. Une nouvelle mode qui se rĂ©pand en Europe et surtout aux USA. Après les T-shirts Hard Rock Cafe et les hoodies ornĂ©s des blasons des universitĂ©s de l’Ivy League, c’est au tour des vĂŞtements floquĂ©s du logo de la National Aeronautics and Space Administration d’avoir la cote. Alors,  allez savoir pourquoi, L’iconographie amĂ©ricaine renvoie une image cool et urbaine qui plaĂ®t au public, mĂŞme si, celles oĂą ceux qui portent ces T-shirts ne sauraient dĂ©crire l’acronyme exact du mot NASA. NASA ça fait grandiose, ça fait sĂ©rieux, ça fait rĂŞver.
Aujourd’hui, en ce samedi historique du 20 juillet 2029, c’est la première fois en 38 ans que je me rends Ă  des lancements (accrĂ©ditĂ© officiellement), ma 30e mission de reportage, que je vois autant de touristes affluer au centre des visiteurs du Kennedy Space Center (KSC). Il faut patienter une heure avant de monter dans le bus qui mène au bâtiment qui contient la fameuse Saturn V du programme Apollo. Un monde fou s’est donnĂ© rendez-vous ce jour comme pour dire : j’Ă©tais-lĂ , ce jour-lĂ , avec mon T-shirt.

La capsule Orion est prĂŞte 
Buzz Aldrin au garde à vous lors de la cérémonie du 20 juillet
au KSC: - Photo : NASA
Attendue, la venue du vice-prĂ©sident amĂ©ricain Mike Pence ne m’a pas laissĂ© indiffĂ©rent. Inscrit comme il se doit dans les temps la NASA m’a fait savoir qu’elle n’acceptait pas de journalistes Ă©trangers sur place dans le grand bâtiment d’assemblage de la nouvelle capsule Orion. Du coup, je ne suis rabattu devant l’Ă©cran gĂ©ant des visiteurs pour suivre son discours. Pence, dans un ton posĂ©, pondĂ©rĂ© et convaincant a rĂ©affirmĂ© les objectifs d’envoyer un homme et une femme sur la Lune en 2024, que la capsule Orion est quasi prĂŞte et que le lanceur SLS est bien avancĂ©. Enfin, depuis les premières Ă©tudes d’Orion (voir ma visite : cliquez ici), c’est plutĂ´t le moment. Idem pour le module de service europĂ©en : il est lĂ  : cliquez ici.

CRS-18 : lancement mercredi 24 juillet 2019 , comme l’amerrissage d’Apollo 11 (1969)
Pour ma part, je suis Ă©videmment un peu déçu d’avoir Ă©tĂ© mis de cĂ´tĂ©, en tant qu’Ă©tranger, mais je peux me rĂ©jouir d’avoir obtenu mon badge vert fĂ©dĂ©ral qui me permettra d’assister pour la 30e fois, aux premières loges, au lancement d’une fusĂ©e. MĂŞme si le dĂ©collage de SpaceX-Falcon 9 CRS-18 est dĂ©calĂ© Ă  mercredi 24 juillet 18h24 (0h24 suisse jeudi), cela correspond jour pour jour Ă  la date d’amerrissage d’Apollo 11, le 24 juillet 1969. Un bel Ă©pilogue, pas vrai ?

ÉnormĂ©ment de monde au KSC pour assister Ă  une projection dans le Universe Theatre. Photo : rke
Apollo 11 (50): vibes and press review
Florida Today, July 20, 2019
[Cape Canaveral, July 20, 2019, 21:56 p.m., rke] – Apollo 11 and NASA are on everyone's lips, on T-shirts, in newspapers, on TV. There's no way to escape on the subject. For once, no football, but a football, feet, steps, a leap. Taken by storm, the newspapers are almost empty in the few boxes that exist in supermarkets. In this Internet hour, proof that there is still an interest in the print media, every onlooker wishing to keep a historical copy of Apollo's 50th anniversary on July 20th precisely where, at 9:56pm, Neil Armstrong set foot on the Moon. "Yes, that NASA again" lets go of a passer-by when he sees me busy buying the only Florida Today newspaper. As he doesn't seem to want to own it, I don't hesitate to buy it quickly, just to tell my story. The saleswoman, all smiles and a little proud, can't help but give me her impressions of the nascent lunar adventure, NASA's Artemis project. "For me kleptomania although we are reconquering the moon and even further away, but we still need to take a little more care of ourselves,” she confides.

NASA T-shirts
No more newspapers at 11am.
- Photo : rke
In the land of rockets, nothing escapes me, especially the countless T-shirts with the NASA logo. A new fashion that is spreading in Europe and especially in the USA. After the Hard Rock Cafe T-shirts and hoodies adorned with the coats of arms of Ivy League universities, it is now the turn of the National Aeronautics and Space Administration logo flocked clothing to be in demand. So, who knows why, American iconography reflects a cool and urban image that appeals to the public, even if those who wear these T-shirts cannot describe the exact acronym of the word NASA. NASA is great, it looks serious, it makes you dream.
Today, on this historic Saturday, July 20, 2019, this is the first time in 38 years that I have been to launches (officially accredited), my 30th reporting mission, that I have seen so many tourists flock to the Kennedy Space Center (KSC) visitor center. It takes an hour to get on the bus to the building that contains the famous Saturn V of the Apollo program. A crazy world came together this day as if to say: I was there that day, with my T-shirt on.

NASA administrator Jim Bridenstine. - Photo : NASA
The Orion Capsule Is Ready 
Waiting, the arrival of the American Vice-President Mike Pence did not leave me indifferent. Registered on time, NASA informed me that it did not accept foreign journalists on the site in the large assembly building of the new Orion capsule. As a result, I didn't fold back in front of the visitors' giant screen to follow his speech. Pence, in a calm, balanced and convincing tone, reaffirmed the objectives of sending a man and a woman to the Moon in 2024, that the Orion capsule is almost ready and that the SLS launcher is well advanced. Finally, since Orion's first studies (see my visit: click here), it is rather the moment. Same for the European service module: it is there: click here.

Buzz Aldrin, fit and attentive. Buzz Aldrin, fit and attentive. - Photo : NASA
CRS-18: launch on Wednesday, July 24, 2019, such as the Apollo 11 landing (1969)
For my part, I am obviously a little disappointed to have been put aside, as a foreigner, but I can be happy to have obtained my federal green badge that will allow me to attend the launch of a rocket for the 30th time. Even if the takeoff of SpaceX-Falcon 9 CRS-18 is postponed to Wednesday July 24 at 6:24 p.m. (0:24 Swiss time on Thursday), it corresponds to the landing date of Apollo 11, July 24, 1969. A nice epilogue, isn't it?
New York Times, July 20, 2019
New York Times, July 21, 1969

vendredi 19 juillet 2019

Apollo : « Le programme lunaire a Ă©vitĂ© une 3e guerre mondiale »


De petits pas de touristes pour faire décoller le baromètre de la fusée Saturne. - Photo : rke
[Cap Canaveral, July 19, 2019. English below] – Quand Dame Lune se rĂ©veille, la population s’Ă©merveille. De son plein Ă©clat en ce 19 juillet, veille des cinquante ans de l’alunissage, notre astre Ă©claire l’horizon loin Ă  la ronde non seulement la nuit tombĂ©e, mais dans le cĹ“ur des AmĂ©ricains. Ă€ mon arrivĂ©e en Floride, le douanier a Ă©tĂ© tout admiratif de me voir dĂ©barquer faire un petit pas, dans sa grande AmĂ©rique. Une serveuse d’un fast-food m’a rappelĂ© : « les fusĂ©es, ça c’est mon truc ! ». Je me suis senti un peu gĂŞnĂ© d’ĂŞtre Suisse. L’ambiance est Ă  l’unisson « si je puis dire » pour cet Apollo 11, ou plutĂ´t Apollo 50, dit-on marquant ainsi tout le programme lunaire d’Apollo 1 (1967) Ă  Apollo 17 (1972). 

Florida Today du 14 juillet 2019.
On sautille de petits pour faire décoller la fusée Saturne
Dans les rues pas de grandes pancartes qui Ă©voquent la Lune. La grande attraction reste toujours le centre des visiteurs KSC (Kennedy Space Center) archi-comble de touristes qui viennent faire leurs petits pas voir la grande fusĂ©e Saturne V dans son hangar…. Dans une chaleur mouette Ă  70% d’humiditĂ©. La NASA a mĂŞme installĂ© en plein air un carrelage de planelles hexagonales sur lesquelles on peut poser les pieds. Plus il y a de petits pas, autrement dit, plus on sautille sur ces planelles, plus le baromètre monte, un peu comme applaudimètre) et lorsque le baromètre en forme de fusĂ©e est au sommet, la fusĂ©e Saturne (sur un Ă©cran vertical) dĂ©colle… avec le vrombissement reconstituĂ©…
Pour l’AmĂ©ricain moyen, retourner sur la Lune reprĂ©sente une certaine fiertĂ©, mĂŞme si les profanes ne voient pas trop les tenants et aboutissants. Après tout, cela ne peut que raviver le rĂŞve, du tout bon pour les affaires. L'innovation spatiale est un levier de dĂ©veloppement très rentable qui irrigue toute l'Ă©conomie. Le programme lunaire a boostĂ© nombre de technologies dont nous bĂ©nĂ©ficions encore aujourd’hui : le TĂ©flon, le velvro, l’ensachage des chips, l’airbag, le dĂ©tecteur de fumĂ©e et mĂŞme les couches-culottes jetables... D’ailleurs, le smartphone et la Wifi n’auraient jamais pu exister sans « l’accĂ©lĂ©romètre » et le « gyroscope ». 

382 kilos de roche lunaire 
DĂ©collage : enfin, presque.
- Photo : rke
Les 382 kilos de roche lunaire rapportĂ©s sur Terre sont « les matĂ©riaux les plus prĂ©cieux sur Terre » . De nombreuses dĂ©couvertes sur la nature de l'Univers proviennent de l'Ă©tude de ces Ă©chantillons rapportĂ©s par la première mission, Apollo 11. Les scientifiques ont notamment pu comprendre la façon dont le satellite naturel de la Terre Ă©tait nĂ©, pratiquement en mĂŞme temps que la planète bleue, il y a 4,3 Ă  4,4 milliards d'annĂ©es, Ă  la suite d'un Ă©norme impact sur l'ancĂŞtre de notre planète. Mon confrère journaliste François de Closets le rappelle : « Dans un certain sens, la mission Apollo 11 a permis de sauver notre planète. Pour la première fois, l’humanitĂ© a eu un Ă©clair de gĂ©nie, Ă©viter une autre guerre mondiale, parce que l’on Ă©tait quand mĂŞme parti pour s’envoyer des bombes atomiques ! Aujourd’hui, il pourrait y avoir une guerre entre la Chine et les États-Unis. S’ils pouvaient la rejouer dans l’espace…
Les avantages d’un retour sur la Lune ? Utiliser notre astre comme tremplin pour aller sur Mars, car l’eau, qui n’y est pas abondante suffirait quand mĂŞme Ă  crĂ©er du comburant-carburant (oxygène-hydrogène). Un sacrĂ© challenge !  Et puis, il serait aussi possible d’en extraire de l’hĂ©lium-3, 300 fois plus prĂ©sent sur la Lune que sur la Terre. Ce serait le carburant idĂ©al : non polluant, sans dĂ©chets radioactifs, il offrirait un très haut rendement dans des rĂ©actions de fusion nuclĂ©aire.
NASA pause.
Sans compter les avancĂ©es dans la recherche scientifique autour et sur la lune et ses potentielles retombĂ©es, le nouveau programme de la NASA Artemis (dĂ©esse de la Lune, fratrie d’Apollo-n) est très, très ambitieux. Trop pour notre Ă©poque ? 

Le programme restant des festivités
Une grande action nationale et populaire a Ă©tĂ© mise sur pied aux USA, soit 200 manifestations publiques depuis le dĂ©but de l’annĂ©e jusqu’au 5 aoĂ»t 2019, dont les 3/4 rien que ce mois de juillet. Cela va de pièces théâtrales, Ă  des reprĂ©sentations dans des salles de cinĂ©ma, de tournĂ©es de golf (Alan Shepard Ă©tait un fĂ©ru de golf), des soirĂ©es en tenue spatiales, des dĂ©fis d’Ă©tudiants en crĂ©ant des alunissages avec des drones, des camps d’Ă©tĂ© lunaires, des dĂ®ners, des galas. D’ailleurs, le 16 juillet (jour du lancement, il y a 50 ans), il y a eu un gala officiel ici en Floride avec Collins et Duke. Sans oublier la Parade des astronautes dans Coco Bach en corvette, le 14 juillet. Un grand moment attendu ce samedi 20 juillet se situe sur le cĂ©lèbre Times Square Ă  New York qui se transforme pour l’occasion en mer de la TranquillitĂ© avec un pas gĂ©ant lunaire reconstituĂ© en sable. 

Décollage reporté à mercredi 24 juillet
Et puis, nec plus ultra ce dĂ©collage CRS-18 de la fusĂ©e SpaceX Falcon 9, ici Ă  Cap Canaveral qui, s’il n’est pas lunaire et habitĂ©, sera symbolique et quand mĂŞme historique, mĂŞme reportĂ© de quelques jours. MĂŞme si ce lancement vient d’ĂŞtre reportĂ© de quelques jours, il restera quand mĂŞme dans les annales pour l’anniversaire d’Apollo… 50.

Apollo: "The lunar program avoided a 3rd World War"
[Cape Canaveral, July 19, 2019. English below] - When Lady Moon wakes up, the population marvels. In its full splendor on this July 19, the eve of the 50th anniversary of the Moon landing, our star illuminates the horizon far and wide, not only at nightfall, but in the hearts of Americans. When I arrived in Florida, the customs officer was all admiring to see me take a small step forward in his great America. A waitress at a fast food restaurant reminded me: "Rockets are my thing! » I felt a little embarrassed to be Swiss. The atmosphere is in unison "if I may say" for this Apollo 11, or rather Apollo 50, thus marking the entire lunar program from Apollo 1 (1967) to Apollo 17 (1972). 

We jump from little ones to make the Saturn rocket take off
In the streets no big signs that evoke the Moon. The main attraction is still the KSC (Kennedy Space Center) visitor center, which is packed with tourists who come to see the big Saturn V rocket in its hangar.... In a seagull heat with 70% humidity. NASA has even installed a tile of hexagonal planks in the open air on which feet can be placed. The smaller steps there are, in other words, the more one jumps on these planes, the more the barometer rises, a little like applaudometer) and when the rocket-shaped barometer is at the top, the Saturn rocket (on a vertical screen) takes off... with the reconstituted roar...
For the average American, returning to the moon is a source of pride, even if lay people don't see the ins and outs. After all, it can only revive the dream, which is very good for business. Spatial innovation is a very profitable development lever that irrigates the entire economy. The lunar program has boosted many of the technologies we still benefit from today: Teflon, Velvro, chip bagging, airbags, smoke detectors and even disposable diapers...
Moreover, the smartphone and wifi would never have existed without the "accelerometer" and the "gyroscope." 

At KSC VC.
842 lb of moon rock 
The 382 kilos of lunar rock brought back to Earth are "the most precious materials on Earth". Many discoveries about the nature of the Universe come from the study of these samples brought back by the first mission, Apollo 11. In particular, scientists were able to understand how the Earth's natural satellite was born, almost at the same time as the blue planet, 4.3 to 4.4 billion years ago, as a result of a huge impact on the ancestor of our planet. My fellow journalist François de Closets reminds us: "In a way, the Apollo 11 mission made it possible to save our planet. For the first time, humanity had a flash of genius, avoiding another world war, because we were still going to send atomic bombs at each other! Today, there could be a war between China and the United States. If they could play it again in space....
The advantages of returning to the moon? Use our star as a springboard to Mars, because the water, which is not abundant there, would still be enough to create oxidant-fuel (oxygen-hydrogen). It was quite a challenge!  And then, it would also be possible to extract helium-3, 300 times more present on the Moon than on Earth. It would be the ideal fuel: non-polluting, without radioactive waste, it would offer very high efficiency in nuclear fusion reactions.
In addition to the advances in scientific research around and on the moon and its potential benefits, NASA's new Artemis program (goddess of the moon, siblings of Apollo-n) is very, very ambitious. Too much for our time? 

New York Post of July 18, 2019
The Remaining Programme of the Festivities
USA Today of July 18, 2019
A major national and popular action has been organized in the United States, with 200 public demonstrations since the beginning of the year until August 5, 2019, three quarters of which were held this July alone. They range from theatrical plays, to performances in cinemas, golf tours (Alan Shepard was a golf enthusiast), evenings in space suits, student challenges by creating lunar summer camps with drones, lunar summer camps, dinners, galas. In fact, on July 16 (the day of the launch, 50 years ago), there was an official gala here in Florida with Collins and Duke.
Not to mention the Astronaut Parade in Coco Bach en corvette on July 14. A great moment expected this Saturday, July 20 is located on the famous Times Square in New York which is transformed for the occasion into the Sea of Tranquillity with a giant lunar step reconstituted in sand.

Take-off Postponed to Wednesday, July 24
And then, no more ultra, this CRS-18 takeoff of the SpaceX Falcon 9 rocket, here at Cape Canaveral which, if not lunar and inhabited, will be symbolic and still historical, even postponed for a few days. Even if this launch has just been postponed for a few days, it will still be in the annals for Apollo's birthday... 50.
New York Post of July 18, 2019

jeudi 18 juillet 2019

Apollo 50 / Détournement céleste : adieu les tours, cap sur Miami

En face de Cap Canaveral, on vire Ă  gauche. Au lieu
d'Orlando, cap sur Miami. 
[Cap Canaveral, July 18, 2019, rke. English below] – DĂ©cidĂ©ment, le destin m'a amenĂ© Ă  un vol aĂ©rien très mouvementĂ©. Pour des raisons Ă©conomiques, j'avais optĂ© (question de commoditĂ© de transit des bagages) pour une liaison Zurich-Frankfort et Frankfort-Orlando, plutĂ´t qu'un vol direct de Suisse-USA puis un transfert dans un autre État US. Bien ou mal m'en a pris puisque j'ai eu droit Ă  un dĂ©tournement surprise en plein ciel. Oh, non pas un dĂ©tournement par des terroristes, mais un "contour" de sĂ©curitĂ© pour Ă©viter une panne sèche ! Je m'explique. 

En face de Cap Canaveral,, on vire Ă  gauche toute !
Après 10 heures de vol coincĂ© dans mon siège contre la fenĂŞtre gauche, nous sommes arrivĂ©s perpendiculairement dans les airs en face de la Floride Ă  200 km de notre destination, Orlando ! Et, ironie du sort, alors que je me rĂ©jouissais de pouvoir passer sur Cap Canaveral et d'en photographier les tours de lancement depuis 12'000 m d'altitude, l'avion a brusquement virĂ©, Ă  gauche toute ! Pourtant j'Ă©tais bien placĂ©. Zut ! Il aurait fallu que je sois assis du cĂ´tĂ© droit de ce Boeing 747-400 de la Lufthansa. Le pilote nous annonce alors en anglais et en allemand que nous mettons le cap sur Miami pour Ă©viter un orage Ă  notre arrivĂ©e... Ă  Orlando. Mais, ils sont oĂą ces nuages ? Par un ciel bleu et limpide, avouez tout de mĂŞme qu'on puisse douter des dires du commandant, sachant que rien, mais alors rien ne laissait prĂ©sager un tel scĂ©nario. Bon, on prend notre mal en patience et on profite d'une virĂ©e cĂ©leste jusqu'Ă  Miami. Cependant, on ne nous informe pas de ce qui va nous arriver sur place. 
Le plein du kérosène à Miami. - Photo : rke

Frankfort-Orlando : 14h30 !
On atterrit donc sans encombre sur le tarmac dans un recoin coin Ă  peu de trafic. Ă€ bord, nous avons fait preuve d'une grande comprĂ©hension et d'une sacrĂ©e patience face Ă  cet imprĂ©vu malgrĂ© le manque d'air conditionnĂ© au sol. Après une heure et demie d'attente sur la piste de Miami et un bon plein de kĂ©rosène, nous voilĂ  enfin repartis pour Orlando, notre destination finale qu'on atteint Ă  21h30, soit 4 heures plus tard. DurĂ©e du trajet Frankfort-Orlando : 14h30 ! 

Me voilà donc à bon port, à Cap Canaveral, pour le but de ma mission : participer aux premières loges au lancement de la 18e mission cargo SpaceX-Dragon (CRS-18) dans le cadre du contrat de services de ravitaillement commercial de la NASA. Et ce, le même jour, le 21 juillet 2019, cinquante après les premiers pas de l'homme sur la Lune... Ma 30e accréditation 0fficielle d'un décollage en tant que reporter. Alors "Welcome in America", me revoilà pour vous conter de nouvelles aventures.
  Pour marquer symboliquement les 50 ans de l'Homme sur la Lune, j'ai dormi ma première nuit Ă  l'hĂ´tel La Quinta, l'Ă©tablissementdes premiers astronautes du programme Mercury. 
Celestial deviation: farewell to the towers, heading for Miami
Miami Beach. - Photo : rke
[Cape Canaveral, July 18, 2019, rke] - Fate has definitely led me to a very eventful flight. For economic reasons, I had opted (because of baggage transit convenience) for a Zurich-Frankfort and Frankfort-Orlando flight, rather than a direct flight from Switzerland to the United States and then a transfer to another US state. Good or bad, I was treated to a surprise diversion in the open sky. Oh, not a hijacking, but a security "contour" to avoid a dry run! Let me explain. 

In front of Cape Canaveral, we turn left full speed ahead!
After 10 hours of flying stuck in my seat against the left window, we arrived at a 90° angle in the air in front of Florida 200 km from our destination, Orlando! And, ironically, while I was looking forward to passing Cape Canaveral and photographing its launch towers from 39000 feet above sea level, the plane suddenly turned sharply to the left! Yet I was well placed. Damn it! I should have been sitting on the right side of that Lufthansa Boeing 747-400. The pilot then told us in English and German that we were heading for Miami to avoid a storm when we arrived... in Orlando. Where the hell are those clouds? By a clear blue sky, admit that the commander's statements are doubtful, knowing that nothing, but then nothing suggested such a scenario. Well, we take our time and enjoy a heavenly ride to Miami. However, we are not informed of what will happen to us on the spot. So we land safely on the tarmac in a corner with little traffic. 

Frankfort-Orlando: 14.5 hours of flight!
On board, the passengers showed great understanding and patience in the face of this unexpected event despite the lack of air conditioning on the ground. After an hour and a half of waiting on the Miami track and a good tank of kerosene, we finally left for Orlando, our destination, which we reached at 9:30 p.m., or 4 hours later. Travel time Frankfort-Orlando: 14h30!

So here I am in Cape Canaveral for the purpose of my mission: to provide a front-row seat for the launch of the 18th SpaceX-Dragon (CRS-18) cargo mission as part of NASA's commercial refueling services contract. And this, on the same day, July 21, 2019, fifty years after man's first steps on the Moon.... My 30th official accreditation of a takeoff as a reporter. So "Welcome in America,” here I am again to tell you about new adventures.

mercredi 22 mai 2019

Salades, "dents de lion", crevettes et steak dans l'espace : la "Table gourmande" d'une chaîne de radios jurassiennes (RFJ-RJB-RTN)

L'astronaute de la NASA Steve Swanson, commandant d'Expedition 40, récolte une récolte de plants de laitues romaines rouges qui ont été cultivés à partir de semences pour l'expérience Veg-01.
In the International Space Station's Harmony node, NASA astronaut Steve Swanson, Expedition 40 commander, harvests a crop of red romaine lettuce plants that were grown from seed inside the station's Veggie facility, a low-cost plant growth chamber that uses a flat-panel light bank for plant growth and crew observation. - Photo : NASA
Lors de l'Ă©mission. - Photo by Jean-Michel Probst
Ecoutez ! Click here
[DelĂ©mont, Jura, Switzerland, May 22, 2019, rke. English below] – Des morilles, des steaks, des pommes, des salades. Tout, Ă  peu près tout peu ĂŞtre dĂ©gustĂ©e dans la Station spatiale internationale (ISS). InterviewĂ© par Jean-Michel, animateur depuis 21 ans Ă  RFJ (une radio locale jurassienne très Ă©coutĂ©e et très en vogue), j'ai eu l'occasion de m'exprimer en direct mardi 21 mai de 18h20 Ă  20h, sur mes activitĂ©s de reporter aĂ©rospatial. J'ai eu l'occasion de parler de mon vol ZĂ©roG en Ă©tat d'apesanteur avec Novespace (cliquez ici), de mon vol en Concorde en 1987, de celui avec Claude Nicollier en Hunter-Trainer au dessus du Valais et bien d'autre choses encore. 

Entre autres "Terre vivante", un excellent symposium qui s'est dĂ©roulĂ© Ă  Milan mi-mai: cliquez ici. Et surtout de la nourriture spatiale, en marge de l'Ă©mission intitulĂ©e : "La Table des gourmands". A l’intĂ©rieur de l'ISS, chaque astronaute a droit Ă  trois repas et Ă  une collation par jour. Il les choisit avant son dĂ©part avec un mĂ©decin selon ses goĂ»ts et ses besoins nutritionnels (de 1'900 Ă  3'200 calories en fonction du sexe et du poids). On peut donc manger de tout dans l’espace mais cette nourriture doit ĂŞtre compacte et/ou dĂ©shydratĂ©e. Et elle est soumise Ă  des règles. Par exemple, les aliments doivent ĂŞtre traitĂ©s ou pasteurisĂ©s pour pouvoir ĂŞtre conservĂ©s pendant par exemple six mois, et ne doivent pas s’Ă©mietter, sans quoi ils risquent d’endommager les multiples appareils Ă©lectroniques. Le pain est ainsi interdit.
Roland J. keller : chasseur de fusées (RFJ)
Les astronautes rĂ©chauffent leur repas encore emballĂ© au four Ă  micro-ondes ou le rĂ©hydratent avec de l’eau chaude. Ils coupent l’emballage avec des ciseaux puis le mangent avec les doigts, sans assiette. Difficile en effet de faire la vaisselle dans l’espace. Pour les boissons, il faut rĂ©hydrater, avec de l’eau chaude ou froide, des sortes de poches Ă  douille contenant, par exemple, de la poudre de cafĂ© ou de chocolat. On introduit ensuite une paille spĂ©ciale qui empĂŞche le liquide de s’Ă©chapper. Les astronautes, très occupĂ©s, ne mangent pas ensemble en journĂ©e, mais se retrouvent le soir autour d’une table fixĂ©e au sol. Une table qui, ironiquement, ne sert Ă  rien puisque l’impesanteur ne permet pas de s’asseoir autour.
Le 10 aoĂ»t 2015, les astronautes ont goĂ»tĂ© lundi 10 aoĂ»t pour la première fois des feuilles d’une salade qui a poussĂ© dans l’espace. Pour palier le manque de soleil et Ă  l’apesanteur, les plants de laitues romaines ont Ă©tĂ© Ă©clairĂ©s Ă  l’aide de LED (diodes Ă©lectroluminescentes) pendant trente-trois jours, et le terreau est restĂ© humide grâce Ă  un système d’irrigation dans une boĂ®te. Une partie de la rĂ©colte a Ă©tĂ© congelĂ©e pour ĂŞtre analysĂ©e de retour sur Terre.
- Ce Français qui fait pousser les salades du futur en Suisse
- Infoméduse : difficile de faire la vaisselle dans l'espace

Salads, "lion's teeth", shrimps and steak in space: the "Gourmet Table" of broadcasting channels (RFJ-RJB-RTN) Jura in Switzerland
My audio interview from RFJ by Jean-Michel Probst.
Listen : Click here
[DelĂ©mont, Jura, Switzerland, May 22, 2019, rke] - Morels, steaks, apples, salads. Almost everything can be est in the International Space Station (ISS). Interviewed by Jean-Michel, host for 21 years at RFJ-RJB-RTN (a very popular broadcasting channels), I had the opportunity to speak live Tuesday, May 21 from 6:20 to 7 PM, on my activities aerospace reporter. I I had the opportunity to talk about my flight ZeroG in weightlessness with Novespace (click here), my flight in Concorde in 1987, the one with Claude Nicollier in Hunter-Trainer over the Valais and many more. other things again. 

Among others, "Living Earth", an excellent symposium held in Milan in mid-May: click here. And especially space food, on the sidelines of the show titled: "The Table Gourmands".
Inside the ISS, each astronaut is entitled to three meals and one snack a day. He chooses them before his departure with a doctor according to his tastes and his nutritional needs (from 1,900 to 3,200 calories according to the sex and the weight). We can eat everything in space but this food must be compact and / or dehydrated. And she is subject to rules. For example, foods must be processed or pasteurized to be stored for six months, for example, and must not crumble, otherwise they may damage multiple electronic devices. The bread is thus prohibited.
The astronauts warm up their meal still wrapped in the microwave or rehydrate it with hot water. They cut the package with scissors and then eat it with your fingers, without a plate. Difficult indeed to do the dishes in space. For drinks, you need to rehydrate, with hot or cold water, some sort of piping bag containing, for example, coffee or chocolate powder. A special straw is then introduced which prevents the liquid from escaping. Astronauts, busy, do not eat together during the day, but meet at night around a table on the ground. A table that, ironically, is useless because the weightlessness does not allow to sit around.
On August 10, 2015, astronauts first tasted leaves of a salad that burst into space on Monday, August 10th. To overcome the lack of sun and weightlessness, the plants of Roman lettuce were lit with LEDs (electroluminescent diodes) for thirty-three days, and the soil remained moist thanks to an irrigation system in a box. Part of the crop was frozen for analysis back to Earth.
Dans l’espace, le Belge Frank De Winne, le Russe Roman Romanenko et l’AmĂ©ricain Michael Barratt (de g. Ă  dr.) Ă  table, en 2009, dans la station spatiale internationale. - Photo : NASA

samedi 27 avril 2019

« Explosion » de Dragon-Test : SpaceX manque de transparence quand ça va mal

Image prise par Craig Bailey du Florida Today le 20 avril 2019. - Photo © Craig Bailey.
Orange smoke is seen above SpaceX's facilities.
[Cap Canaveral, April 26, 2019, rke - English below] - Le soi-disant incident – en rĂ©alitĂ© une « explosion » – lors de l’essai de la capsule Dragon de SpaceX, samedi 20 avril, prĂ©occupe non seulement en haut lieu les autoritĂ©s du centre de la Floride (ComtĂ© de Brevard), mais Ă©galement tout un chacun. D’une part, parce qu’un autre dĂ©collage de SpaceX (d’ailleurs repoussĂ© de 6 jours), est programmĂ© pour mercredi 1er mai 2019 Ă  10 h locale (16h suisse). Ce nouveau tir est davantage attendu, car la fusĂ©e Falcon embarque en son sommet Ă©galement une : capsule Dragon. Les essais statiques ordinaires du premier Ă©tage du lanceur de CRS-17 (photo ci-dessous) se sont fait attendre ce vendredi 26 avril, ce qui a alimentĂ© encore le suspense. Essai de moteur qui, finalement, s’est dĂ©roulĂ© parfaitement ce samedi 27 avril.
Certes, la capsule de CRS-17 n’est pas la mĂŞme que celle qui a explosĂ©, mais la population fait un amalgame entre l’un et l’autre vaisseau spatial. Et il y a une grande diffĂ©rence ! La capsule (camion) est chargĂ©e d’amener du matĂ©riel pour la Station spatiale internationale ISS par un autre « aiguillage » en Ă©tant accrochĂ©e Ă  son arrivĂ©e par le bras robotique de la « locomotive » ISS. Tandis que la « capsule-astronaute », un peu plus cossue, s’amarre seule Ă  l’ISS par une autre « voie » spatiale.

L'hydrazine et le tétroxyde d'azote
La capsule Dragon Demo-1. On la reconnaît avec ses nervures dans le bas.
Lesquelles contiennent les moteurs SuperDraco, intégrés.
Photo : Roland J. Keller, 1er mars 2019. DĂ©collage : cliquez ici
Pour revenir Ă  l’« explosion » en question, la fumĂ©e brunâtre qui s’est en dĂ©gagĂ©e, « aurait envoyĂ© des composĂ©s chimiques dangereux dans l’environnement ». Ce n’est pas moi-mĂŞme qui le relève, mais le très sĂ©rieux quotidien Florida Today (voir copie ci-contre) qui l’annonce dans son Ă©dition de vendredi 26 avril 2019 : « Les propergols de la capsule Crew Dragon – conçus pour fournir avec soin les tirs des moteurs pendant les anomalies de dĂ©collage et pour naviguer dans l'espace – sont beaucoup plus dangereux que ceux utilisĂ©s pour le lancement typique. L'hydrazine et le tĂ©troxyde d'azote utilisĂ©s le samedi 20 avril sont appelĂ©s fluides hypergoliques, ce qui signifie qu'ils rĂ©agissent violemment lorsqu'ils entrent en contact les uns avec les autres. Ils sont utilisĂ©s dans les fusĂ©es et les engins spatiaux depuis des dĂ©cennies parce qu'ils peuvent ĂŞtre stockĂ©s sur une longue pĂ©riode de temps et restent fiables. »

Florida Today. April 26, 2019.
Toxique oui. Dangereux au loin, non
La fumĂ©e qui s’est dĂ©gagĂ©e sur le tir d’essai de samedi 20 avril Ă©tait donc bien toxique, du moins pour ce qui est les alentours. Comme SpaceX et la NASA sont bien conscients des risques encourus, c’est pour cela qu’ils sont très sĂ©vères en nous empĂŞchant d’assister (journalistes Ă©trangers, comme AmĂ©ricains) Ă  ces tests. Les images de Craig Bailey qui ont fait le tour de monde oĂą l’on voit la fumĂ©e orange et des baigneurs (voir ci-dessus), ont Ă©tĂ© prises de très loin, environ 20 km au tĂ©lĂ©objectif, d’oĂą cette impression d’ĂŞtre proche. N’empĂŞche que l’affaire « explosion Crew-Dragon » va faire couler encore beaucoup d’encre. D’autant plus que les dirigeants du programme spatial (surtout SpaceX) restent muets sur le dĂ©roulement de l’explosion. D’habitude si ouverte Ă  donner des informations lorsque tout va bien (quoique), la sociĂ©tĂ© SpaceX ne fait pas tellement preuve de transparence mĂ©diatique lorsque tout va mal. Certes, on va faire preuve de patience en attendant le rapport final sur les causes de cette catastrophe. Mais un dĂ©roulement des faits aurait dĂ©jĂ  pu attĂ©nuer nos soupçons. De quoi ? De cachotteries…

Boeing se frotte les mains
Évidemment, l’espoir de voir s’envoler les prochains astronautes amĂ©ricains de Cap Canaveral cette annĂ©e s’amenuise. Ce qui profite un peu Ă  la concurrence, Boeing, qui, avec sa capsule (aussi conique) « CST-100 Starliner Orbital Flight Test » pourrait s’envoler dès le 17 aoĂ»t au bout d’une fusĂ©e Atlas 5, de United Alliance, la concurrence Ă  SpaceX. Je dis bien pourrait.
Hey, oĂą est la concurrence ? Entre Chinois et AmĂ©ricains ou entre les « acteurs spatiaux de l’Oncle Sam » eux-mĂŞmes ?


  • Mon pronostic pour le dĂ©collage de Crew-Dragon Demo-2
    (avec astronautes) : mi-fĂ©vrier 2020. Les paris sont ouverts !

Dragon-Test "Explosion":
SpaceX lacks transparency when things go wrong
Intégrés à Dragon, les moteurs SuperDraco ont bien fonctionné lors des essais de 2015. Mais pas ceux du 20 avril 2019.
Integrated with Dragon, the SuperDraco thrusters performed well in the 2015 tests. But not the ones of April 20, 2019.
- Photo : SpaceX
[Cape Canaveral, April 26, 2019, rke] - The so-called incident - actually an "explosion" - during the SpaceX's Dragon Test Capsule on Saturday, April 20, is of great concern not only to the authorities in Central Florida (Brevard County), but also to everyone else. First, because another SpaceX takeoff (which has been postponed by 6 days) is scheduled for Wednesday, May 1, 2019 at 10 am local time. This new launch is more expected, as the Falcon rocket also carries a Dragon capsule at its top. The regular static tests on the first stage of the CRS-17 launcher (photo opposite) were delayed this Friday, April 26, which further fuelled the suspense. Engine test which, finally, went perfectly this Saturday, April 27.
Non, ce n'est pas Crew-Dragon Demo-1, mais un modèle
qui sert de tests opérationnels au Port Cap Canaveral.
No, it's not Crew-Dragon Demo-1, but a model which is used
as operational tests at the Cape Canaveral Port. - Photo : rke
Of course, the CRS-17 capsule is not the same as the one that exploded, but the population makes an amalgam between one and the other spacecraft. And there is a big distinction! The capsule (truck) is responsible for bringing equipment for the ISS through another "switch" by being attached when it arrives by the robotic arm of the ISS "locomotive". While the more affluent "astronaut capsule" docks alone to the ISS through another space "path". 

Hydrazine and nitrogen tetroxide
To return to the "explosion" in question, the brownish smoke that emerged from it "would have sent dangerous chemical compounds into the environment". It is not me who is noting it, but the very serious daily Florida Today (see copy opposite) which announces it in its edition of Friday, April 26, 2019:  “The special propellants for the Crew Dragon capsule – designed to carefully supply engine firings during liftoff anomalies and navigate the craft in space – are far more dangerous than those used for the typical launch. The hydrazine and nitrogen tetroxide used Saturday are called hypergolic fluids, meaning they react violently when they come in contact with one another. They have been used in rockets and spacecraft for decades because they can be stored over a long period of time and still be reliable.”

Toxic, yes. Dangerous in the distance, no
The fumes that were released during the test firing on Saturday, April 20, were therefore very toxic, at least in the surrounding area. As SpaceX and NASA are well aware of the risks involved, that is why they are very strict in preventing us from attending these tests (foreign journalists, like Americans). The images of Craig Bailey who went around the world with orange fumes and bathers (see above), were taken from a very long distance, about 13 miles by telephoto lens, hence the feeling of being close. Nevertheless, the "Crew-Dragon explosion" case will still be a hot topic. Especially since the leaders of the space program (especially SpaceX) remain silent about the course of the explosion. Usually so open to giving information when everything is going well (but not so well), SpaceX does not show much media transparency when everything goes wrong. Certainly, we will be patient while waiting for the final report on the causes of this disaster. But a course of events could have already allayed our suspicions. Of what? Of what? Of hiding....

Boeing benefits
Of course, the hope of seeing the next American astronauts from Cape Canaveral fly away this year is dwindling. This is to the advantage of the competition, Boeing, which, with its (also conical) capsule "CST-100 Starliner Orbital Flight Test" could fly away on August 17 at the end of an Atlas 5 rocket, from United Alliance, the competition to SpaceX. I mean, could.
Hey, where's the competition? Between Chinese and Americans or between the "Uncle Sam's space actors" themselves?
  • My prognosis for the takeoff of Crew-Dragon Demo-2 (with two astronauts): 
    mid-February 2020. The bets are on!