dimanche 7 décembre 2014

La fièvre du lancement est retombée

Vu de la côte, c'est pas si mal, aussi. Florida Today du 6 décembre 2014. - Photo : rke
[Titusville, December 7th, 2014 (rke), english below] –  Finalement, les hôtels n’ont pas tant été pris autant d’assaut lors du lancement d’Orion. Les réceptionnistes ont profité de moi, en tant que petit Suisse ambassadeur apparent des banques, pour me proposer des tarifs plus élevés. J’ai logé au Best Western de Cocoa, pas très propre pour un hôtel du genre, à un prix modique, soit en moyenne 80 dollars la nuit.
« Hei, bonjour, vous avez vu Orion décoller ? ». A peine ais-je foulé la porte d’entrée du Hampton Inn de Titusville qu’on m’accueille presque les bras ouverts. Aurais-je une tête de chasseur de fusées ? Du coup, voilà enfin un endroit tranquille dans lequel je me sens très à l’aise pour bosser.
Orion s'élève titre Florida Today
 du 6 décembre 2014.
- Photo : rke
Le lancement d’Orion n’a évidemment laissé personne indifférent, chacun racontant de-ci de-là où il a vu décoller la fusée. Mon collègue spatio-temporel et diplomate du spatial hollandais Gerard van Haar est retourné au pays samedi 6 décembre. Mon autre collègue journaliste et expert avisé du domaine spatial, Jacques Tiziou, est aussi retourné à Washington après 2'500 miles (4'000 km) en voiture, aller, retour.
La fièvre du lancement (pas trop élevée) est retombée, la vie a repris son train-train quotidien, dans le coin.

Fever launch has dropped
After all, hotel doesn’t have so much taken by storm at the launch of Orion. The receptionists took advantage of me, as a small Swiss ambassador apparent banks to offer me a higher rate. I stayed at the Best Western Cocoa, not very clean for a hotel of its rank at a reasonable price, averaging $ 80 a night.
« Hei, hello, you saw Orion off ? ». As soon as I set foot in the Hampton Inn of Titusville that welcomes me almost open arms. Have I a rocket head hunter ? So, here is finally a quiet place where I feel very comfortable to work.
After the flight, life goes on !
- Photo : rke
The Orion launch has obviously nobody indifferent, each telling of here and where he saw off the rocket. My colleague/friend and space-men diplomat Dutch Gerard van Haar returned to his country Saturday (in Holland), December 6th. My other colleague/friend journalist and expert advised int the space domain, Jacques Tiziou, also returned to Washington after 2,500 miles (4,000 km) by car…. go and back.

The fever of launch (not too high) is fell, life resumed its daily routine in the surroundings.

samedi 6 décembre 2014

Sur le toit du VAB : un décollage majestueux qui vibre sous nos pieds


Un décollage silencieux, puis craquelant après quelques secondes. 
Idem pout Orion ici. - Photo : rke
Non, ce n'est pas la vraie fusée
SLS, mais une marquise en plastique
gonflée sur le tarmac du centre de presse.
- Photo : rke
[Cap Canaveral, December 5th, 2014, NASA VAB (rke), english below] –  Oui, ce fut impressionnant, pour répondre à l’un de mes fidèles lecteurs de ce blog, le général Marc Alban, président de l’Institut européen du tourisme spatial (IETS). « Elle est bien partie et elle a attendu que tu sois prêt ! », constate un collègue et ami journaliste, Pierre Schoeffel, de Keyboost Marketing, faisant référence à mon aventure extravagante dans le VAB.  Je dirais plutôt que le spectacle est plutôt majestueux. Dans le sens que, à 160 mètres au-dessus du sol, sur le toit du VAB, on a une vue panoramique saisissante. La fusée paraît loin malgré que nous soyons près, soit 5 km. La nuit, l’engin est nettement visible à l’œil nu, mais le jour la fusée se perd un peu dans la brume, surtout matinale. L’ensemble du panorama, avec les couleurs d’un ciel pourpre, donne la sensation d’admirer un tableau. Perchés à cette hauteur, nous n’avions pas, cette fois-ci, une vue en face de Delta-Orion, mais de profil sans distinguer les trois boosters.  De plus, les deux tours anti-foudre de l fusée nous gênaient un peu. De là-haut, on a l’impression d’être coupé du monde.
Salut à toutes et à tous ! Derrière moi, le compte à rebours...
Photo : Sylvain Belair
Il n’y a pas d’accès Wifi. Seule une connexion GSM est possible, ce qui n’a pas été mon cas. J’ai donc écouté le déroulement du compte à rebours sur le Natel du voisin… Américain. Cependant, l’attention ne se focalise non pas seulement sur le déroulement des opérations, mais aussi, et surtout sur les réglages de nos appareils photos et nos caméras vidéo. De sorte que, quelques secondes avant le décollage, c’est le silence total. Si les flammes sont perceptibles parfaitement à l’œil nu trois secondes avant que la fusée se soulève, il n’est est pas de même du son qui nous parvient environ dix secondes plus tard lorsque l’engin est presque sous les nuages, des nuages d’ailleurs bas pour ce vol.
Lorsque la fusée monte, on se croirait un peu comme dans un rêve… au ralenti. Et lorsque le bruit du décollage nous parvient, c’est là qu’on est vraiment impressionné du vrombissement de la fusée, une sorte de pétarades du 1er août condensées qui crépitent, mais qui ne gênent pas du tout l’ouïe. Et le spectacle est d’autant plus saisissant lorsque le sol du toit du VAB vibre, un léger tremblement agréable qui dure une dizaine de secondes. Dommage du peu. Même si, à l’œil nu, le décollage n’a duré qu’une trentaine de secondes, après tous les déboires qu’on a eus d’attendre, on en ressent un sentiment de bien-être, sorte de devoir accompli. Pour nous, reporters, ou pour la NASA.
2h31 après le lancement. Photo : Gerard van de Haar

On VAB roof :  a vibrant majestic lift-off under our feet
Under the clouds. - Photo : rke
Yeah, It was an impressive takeoff, to answer one of my faithful readers of this blog, the General Marc Alban, President of the European institute of space tourism (IETS). « The rocket is on a right way, and expected you to be ready ! », says a friend journalist, Pierre Schoeffel of Keyboost Marketing, referring to my extravagant adventure in the VAB. I would say that the show is quite majestic because at 525 feet above ground, on the roof of the VAB was a striking panoramic view. At night, the vehicle is clearly visible directly, but the day the rocket loses a little in the haze, especially in the morning. The entire panorama, with the colors of a purple sky, gives the feeling of admiring a painting. Etablished at this height, we did not an opposite of Delta-Orion, but with a profile side, without distinguishing the three boosters, And so, the two anti-lightning of the rocket bothered us a bit.
So high, we have a feleing of being out of touch. There is no WiFi. Only a GSM connection is possible, which was not my case. So I listened to the progress of the countdown on the « handy phone » neighbor ... an American reporter.
However, our  focus is not  not only concentrated on the conduct of operations, but also and above on all the settings of our lenses and our cameras. So, a few seconds before takeoff, it’s total moment of sileces. If the rocket flames are perfectly visible from our eyes three seconds before the rocket lifts, it’s not the same case with the sound that reaches us about ten seconds later when the machine is almost under the clouds ; clouds besides low for this flight.
When the rocket goes up, it feels like a bit dream... in slow motion. And when the noise reaches us off, that's when we really impressed with the roar of the rocket, a kind of backfires of 1st August, the national holiday of Switzerland.
The noice is condensed crackling don’t interfere at all hearing. And the show is all the more striking when the the floor of the VAB roof vibrates, a light pleasant tremor that lasts about ten seconds.  We sorry that it doesn’t last longer.Although directly seen, the lasted take-off only thirty seconds after all the mishaps we had to wait, we feel a sense of well being, a kind of accomplishment. For us, reporters, or for NASA.
2 hours 33 minutes after the launch. - Photo : Gerard van Haar 

20 hours before lift-off. - Photo : Sylvain Belair

vendredi 5 décembre 2014

Orion s'arrache de sa tour pour deux tours de la Terre

[Cap Canaveral, December 5th, 2014, NASA VAB (rke) ] – La capsule Orion s'est arrachée vendredi à 7h05, à l'heure pile, de son pas de tir de Cap Canaveral. Mes premières images.
La suite dans une prochaine news.

Orion pulls of its tower for an impulse to Mars
My photos. Other news follow as soon as possible.

Je suis resté bloqué dans les toilettes du VAB de la NASA

Panorama au dessus du VAB. Evidemment, le bâtiment n'est pas incurvé. C'est l'effet du panorama. - Photo : rke
Les toilettes du VAB.
- Photo : rke
Dans le VAB, l'installation
technique de notre ascenseur.
- Photo : rke
[Cap Canaveral, December 4th, 2014, NASA VAB (rke), english below] – La douzaine de photographes triés sur le volet pour shooter le décollage de Delta-Orion sur le toit du VAB, le célèbre bâtiment d’assemblage des véhicules spatiaux de 160 mètres de haut, a eu droit à ses heures d’attente. D’ailleurs, en anglais américain, ne prononcez pas « vaieb », mais « vi, aie, bi ».
Evidemment, après trois heures passées debout sur ce toit et après une nuit blanche au centre de presse, une envie pressante naturelle s’est fait sentir. Sauf que, là-haut, il n’y a pas de toilettes ! Ce building de fusées est conçu avec un toit plat sur lequel dépassent des débouchées d'aération rectangulaires à hauteur d’homme, et une sorte de dôme sur lequel est implantée une grosse antenne : le phare de signalement du bâtiment. Sans oublier les signaux « Exit », des sorties de secours qui mènent sur une trappe d’ascenseur dans lequel à quatre, on y est déjà coincé. Nous sommes au 41ème étage qui nous conduit aux toilettes du 36ème. Effectivement, ce n’est pas du luxe, car les serruriers de construction du VAB sont habitués aux conditions austères dans cet antre spatial où la poussière colle aux poutres d’acier, avec une odeur de renfermé comme dans une usine.
Mon canon vise la fusée. Sur le VAB.
- Photo : rke
Ce jeudi 4 décembre, la fusée n'est
pas partie. Elle avait des besoins à
faire. - Photo : rke
Pour la petite histoire, nous avons laissé ces dames se rendre à ce petit coin, mais lorsque ce fut mon tour, j’ai machinalement actionné le cliquet de fermeture des toilettes. Et c’est là que je suis resté coincé : le loquet c’est bloqué. Je pouvais passer soit par dessous la porte en me faufilant comme un serpent, soit en l’escaladant. Après plusieurs essais infructueux, le bout de tige de fermeture s’est décoincé. Par hasard ou le fait du destin ? La morale de cette histoire, c’est que, pendant ce temps la fusée devait décoller. Mais je ne l’ai pas loupée, puisqu’elle n’est pas partie. Elle avait aussi un besoin urgent à faire. Certaines vannes ont mal contrôlé le remplissage et la vidange des réservoirs. 

I got stuck in the VAB toilets of NASA
The tower of rocket so far away between the two black buildings. - Photo : rke 
Into the Press Center. We are very busy.
- photo : rke
No more chairs. - Photo : rke
A dozen of paparazzis-space who had the privilege to shoot off the Delta-Orion on the VAB roof, the famous Vehicule Assembly Building of 524 feet high, they were entitled their hours of waiting.
Obviously, after three hours spent standing on the roof and after a sleepless night at the press center, a natural pressing desire was felt. Except that there, there are no toilets! This building rockets is designed with a flat roof on which exceed a few rectangular knockouts ventilation annexes at breast height, and a sort of dome which is located a large antenna: the building of the reporting lighthouse. And of the roof, the panel « Exit » shows the direction to follow up an elevator door that emerges from the roof in which four persons, we are already stuck there.
We are on the 41st floor that leads us to the 36th toilets. Indeed, it’s not luxury, because the VAB construction locksmiths are accustomed to austere conditions in this arae hall where the dust sticks to steel beams with a musty smell like a factory.

For my fun history, we let the ladies go to this toilet-corner, but when it was my turn, I mechanically operated the toilet shut button. And that is where I got trappud :  The pawl is blocked. I could go either by sneaking in under the door like a snake, either by climbing. After several attempts, the pawl is unlocked. By chance or matters of fate? The moral of that story is that during this time the rocket was to take off. But I have not missed it, because the rocket did not take off. Ms Delta iV was also an urgent need to do. Some valves have poorly controlled filling and emptying of tanks.

jeudi 4 décembre 2014

Orion décolle au petit-déj, rien dans le coffre, comme nous

A droite, Delta IV sort de sa tour. - photo : rke
Alors, pas belle, la fusée ?
- Photo : rke
Orion montre son nez. - Photo : rke
[Cap Canaveral, December 4th, 2014, USA Air Force Base, pas de tir 27 (rke)] –  Dans le noir profond avec quelques étoiles au firmament, la fusée Delta IV s’est rétractée de sa tour pour se dévoiler toute nue nous laissant bouche bée. Deux gros spots se sont tout à coup enclenchés dans mon dos projetant notre ombre au loin, éclairant la fusée ainsi quasi étincelante.
Impressionnante, vraiment, la Delta porte Orion en son sommet. Une capsule conique dont on peine à imaginer qu’il pourrait y avoir six hommes (et femmes) dedans. Mais elle est vide : c’est un vol test (EFT-1). Ce jeudi, il est 3 heures du matin, la nuit est blanche. Orion décolle à 7h, à l’heure du petit déjeuner qu’on n’aura pas.

Orion takes off at breakfast with empty stomach, like us
The rocket and its shadow
on the white tower.
- Photo : rke
Photo : rke
In a deep-dark-night with a few-stars-sky, the Delta IV rocket has retracted of its tower to reveal naked leaving us speechless. Two large spots have suddenly switched on in my back projecting our shadow far away, illuminating the rocket and almost sparkling.
Impressive, really, Delta carries Orion on its top, a conical capsule which is hard to imagine that there could be six men (and women) in it. But Orion empty : it's a test flight (EFT-1). It's 3 am, the night is white. Orion will take off at 7 am this Thursday at the breakfast that we don’t have.